LES FAITS
Eric
JOSSET, natif des Côtes d’Armor décide d’acquérir
une parcelle située à proximité immédiate de l’habitation de ses
parents. Le terrain situé en zone UCA se prête parfaitement à cette
opération au regard des dispositions du P.O.S. régissant la zone. Le
transfert de propriété s’effectue devant notaire le 24 novembre 2001. Le
maire est naturellement tenu informé du projet.
Il faudra attendre de
longues semaines avant que le dossier ne revienne du service des
Hypothèques, mais l’acte de vente est entériné sous réserve de l’obtention
d’un Certificat d’Urbanisme pour lequel une demande est adressée en
mairie. Contre toute attente et malgré les signes d’optimisme du maire,
Le CU est refusé le 11 mars 2002. Le motif invoqué porte sur la
viabilisation du terrain qui selon les nouvelles dispositions du PLU serait
à la charge de la mairie. Dans l’incapacité budgétaire à faire face à
l’ensemble des situations similaires enregistrées sur sa commune, le
maire me demande afin de ne pas créer de précédent un écrit par lequel
je m’engage à prendre la viabilisation du terrain à ma charge, ce que j’accepte.
Sur le fond, cette demande ne me pose pas de problème majeur. En effet, l’électricité
est accessible à moins de 20 mètres (poteau électrique), les branchements
eau ont été effectués sur la parcelle adjacente qui appartient à mes
parents et la voirie peut rester en l’état puisqu’un chemin d’accès
par chez mes parents avait été envisagé. J’envoie donc ce courrier à
la mairie qui me promet de débloquer la situation au plus vite.
Le dossier est donc à
nouveau instruit et je reçois cette fois un avis favorable le 11 mars 2003.
Je vous fais remarquer qu’une année s’est écoulée depuis le premier
CU négatif.
Heureux et réconforté,
j’engage les services d’un architecte qui me prépare les plans et
dépose la demande de permis. Une petite irrégularité est constatée par
le service instructeur en charge du dossier. Il note que la sablière doit
être rabaissée de 19 cm pour se mettre en conformité avec l’article
UC10. L’architecte réagit immédiatement et corrige le tir.
Parallèlement la SATESE
formule ses recommandations quant à l’assainissement du terrain et émet
un avis favorable.
Le permis de
construire m’est délivré par le maire le 12 février 2004.
Certain de l’issue
finale, j’ai entre temps consulté des artisans locaux pour être en
mesure de démarrer les travaux au plus vite. En effet à cette période les
entreprises de bâtiment sont surchargées de travail et le coût de la
matière première ne cessant d’augmenter, je souhaite avancer le plus
rapidement possible.
Coup de
tonnerre ! Sans aucun avertissement, je reçois de la part du maire
un Recommandé A/R m’informant de l’annulation de mon PC sur instruction
du Sous-préfet. Cette décision est justifiée par le fait que le terrain
ne figurant pas dans une « zone de vie », il est illégal, selon
la loi littorale de pratiquer une extension d’urbanisation à cet endroit.
Je me retrouve donc
après 2 ans et demi de démarches au point de départ avec le lourd
préjudice d’avoir acheté un terrain dit constructible, de l’avoir
borné et d’avoir sollicité les services d’un architecte. Au total, le
coût de l’opération s’élève à près de 30.000 €, soit 5
années d’économies et de labeur pour me retrouver propriétaire d’une
parcelle agricole dont la valeur n’excède plus 1.000 € !
Cette injustice est
intolérable et je veux croire que l’administration française est capable
de montrer un peu de bon sens et de revoir mon problème. J’ai interpellé
le préfet ainsi que le sous-préfet mais ils se sont contentés soit de me
renvoyer vers le magistrat municipal qui a instruit le dossier en sachant
pertinemment que son seul recours est de prendre le risque de désavouer les
consignes et se faire assigner en maintenant son arrêté, soit de revenir
sur sa position en reprenant ce qu’il avait accordé en spoliant
« à son grand regret » un honnête citoyen.
Face à un mur et dans l’impossibilité
de faire valoir mes droits les plus légitimes, j’ai sollicité les
services d’un avocat spécialisé qui a engagé un recours devant le
tribunal administratif de Rennes en annulation de la décision de refus de
permis de construire prononcée par le maire de la commune de PLOUGUIEL.
Après 3 années de
patience, de tolérance coupable et de combat, l’écœurement devant
autant d’injustice a fait place à une volonté de réagir pour obtenir la
réhabilitation du permis annulé et sensibiliser l’ensemble des
administrés des communes du littoral ou des estuaires aux dangers qui
pèsent sur leurs projets immobiliers.